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    Bonjour

    La campagne s'est maintenant installée sous la neige. Le froid est descendu sur notre plaine. Moins six sous le zéro de nos thermomètres pendant la nuit. Le soleil apparaît de plus en plus durablement  tout au long des journées. La neige fond petit à petit. Toute cette eau rejoint la nappe phréatique sans ruisseler. La longueur des journées étant en progression constante, les poules recommencent à pondre. Deux gros œufs par jour.  Elles ont arrêté depuis plus de deux mois. C'est la première fois que cela se produit. Le cumul de l'humidité et le manque de lumière est très défavorable à la ponte de ces volatiles. Chaque jour il faut remplir les abreuvoirs avec un seau d'eau chaude. Disposé sur la neige, un lit de paille est le bienvenu. Les pondeuses retournent inlassablement cette couverture sèche à la recherche d'un quelconque grain de blé oublié par la moissonneuse. Pendant l'hiver dans les exploitations, le bétail demande plus de soin que pendant la bonne saison. Â la ferme, pendant les périodes de froid intense nous nous réfugions souvent dans les étables. Cinq ou six vaches sont suffisantes pour assurer une ambiance confortable. Elles devaient être régulièrement approvisionnées en matière sèche. Le foin entreposé dans les greniers de ces étables avait deux fonctions. Il servait d'isolation et ensuite de nourriture pour les bovins. La paille étant réservée au renouvellement des litières. Comme il fallait aussi fournir des matières fraîches à ces paisibles ruminants, nous nous offrions pour tourner le moulin à betteraves. De grosses betteraves jaunes ou rouges cultivées en été étaient réduites en copeaux, façon carottes râpées, à l'aide de cette machine à bras. Les laitières appréciaient beaucoup ces apports de matières azotées et naturelles qui remplaçaient l'herbe grasse de leurs pâturages. Ces sympathiques représentantes de la race «Normande» nous récompensaient en fournissant lors des deux traites journalières, un lait crémeux à souhait. Un lait qui n'avait rien à voir avec celui fournit, actuellement, par les coopératives. Des coopératives souvent au cœur de l'actualité, non pour la qualité de leurs produits, mais pour leur négligence en matière de pureté sanitaire. Ainsi l'élevage requiert des soins constants tout au long de l’année. On n'est pas prêt de s'ennuyer dans les fermes pendant l'hiver.  

    Â demain

     

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    Bonjour

    Cinq centimètres et cela change tout. Cinq centimètres de neige et notre décor se trouve complètement changé, complètement transfiguré et bouleversé. La grisaille et le brouillard oublié et effacé. Le vent et les tempêtes rangés aux accessoires. Le thermomètre est  quant à lui descendu à moins trois degrés Celsius sur l'échelle bien connue de nos degrés centigrades. Seuls les riverains de la Seine vont encore quotidiennement et durement continuer de pagayer dans leur environnement transformé en bayou, les crocodiles en moins, heureusement. La fonte de cette neige va encore ajouter à leurs nombreuses difficultés. L'arrivée de la neige  a toujours réjouit les enfants. Seule une situation mal gérée ou mal appréhendée par les services départementaux peut transformer le trajet des salariés en cauchemars. Pour les potagers, en cas d'hiver rude et glacial, la venue de la neige se révèle être une protection efficace pour les plantes un peu fragiles qui doivent hiberner sous nos régions. Pas de transhumance ni de migration possible pour nos plantes favorites, condamnées chaque hiver, à attendre des jours meilleurs. Les perce-neiges, cette fois-ci honorent et justifient très bien leur appellation. On ne les voit même plus, enfouis sous ce blanc manteau hivernal. Ce sont les oiseaux qui sont peut-être les plus mal logés avec ces intempéries poudreuses et pas très chaudes. L'hiver est déjà une période rude pour cette population ailée. Mais l'arrivée de la neige saupoudre d'une couche durablement néfaste, leurs maigres ressources déjà dissimulées dans la terre. Leurs traces dans la neige facilitent aussi le travail de leurs prédateurs les plus tenaces et les plus voraces. Les lieux où de généreux donateurs et amoureux des oiseaux, ont déposé graines et matières grasses, se trouvent pris d'assaut par ces «SDF» d'un nouveau genre. Des volatiles indélicats viennent même y chaparder des nourritures qui ne leur sont pas destinées. Usant de leur taille plus importante pour décourager les plus petits de nos oiseaux préférés, de pouvoir picorer quelques menues graines, qui pourront leur permettre de survivre dans ce désert tout blanc et durablement glacé.

    Â demain

     

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    Bonjour

    La météo nous annonce du froid pour les prochains jours. Donc moins de vent et de pluie. Les riverains de la Seine sont toujours dans l'eau. Et cela ne va pas s'arranger avec l'arrivée du gel et peut-être même de la neige. Hier le soleil a fait son retour pendant une grande partie de la journée. Mais le vent du nord a maintenu les températures à 1°C, pas plus. Heureusement au soleil, les températures sont plus clémentes. 25°C dans la serre adossée à la maison. Même en hiver le soleil peut être très généreux. Encore faut-il que la couverture nuageuse perpétuellement présente le laisse faire son ouvrage. Mon thermomètre mini/maxi est placé au nord et à l'ombre d'un appentis. Pas plus de 1°C de ce coté. Si le gel des prochains jours s'accentue, certaines mauvaises herbes vont succomber. Jusqu'alors seul trois degrés au dessous de zéro et pendant une seule nuit, n'ont pu venir à bout de ces envahisseuses. Le potager, le jardin, les arbres, les murs, les dallages, les serres : tout est vert! Façon Irlande. Ce temps sec va peut-être nous débarrasser de ce surcroît d'humidité. Du coté des dictons on trouve celui-ci qui est très explicite. «Beau février c'est disette au grenier» Un dicton qui rappelle que c'est mieux que l'hiver se déroule pendant les mois d'hiver. Ce n'est pas pour cela que le froid arrivera tardivement dans les mois suivant. Mais le dicton indique que, si la température est trop douce par rapport à la normale en février, les bourgeons risquent de se développer prématurément et subir des dommages par la suite. Car en février les jours continuent de s'allonger. De toute façon la plupart des végétaux ont besoin de l'hiver pour se reposer. On imagine très bien, par la suite, le comportement d'un être vivant qui manque de repos et de sommeil. La plupart des autres dictons de février vont dans ce sens: A savoir qu'il est préférable de se prendre l'hiver en ce moment; et que le jardin comme le jardinier ont besoin de repos. Very Happy 

    Â demain

     

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    Bonjour

    Notre fournisseur de gaz vient de nous livrer une demi-tonne de gaz. Du gaz de pétrole liquéfié communément désigné sous le vocable «GPL». Gaz qui est plus connu sous le nom de propane. Notre maison est ainsi chauffée par une installation de chauffage centrale au gaz. Ce moyen de chauffage peut être occasionnellement secondé par une cheminée à foyer ouvert. La pose d'un insert se révélant inutile à cause de la disposition de la maison. Celle-ci étant tout en longueur et divisée en trois corps. Pour qu'un insert puisse délivrer un maximum d'efficacité, il doit être installé au centre d'une maison avec étage en forme de quadrilatère. Le coût de ce gaz est beaucoup plus cher que le mazout. Durant les hivers les plus rudes, on brûlait du bois, en deuxième partie de la journée, dans la cheminée située dans la salle à manger. Les hivers actuels, nous dispensent de cet usage. Nous ne brûlons plus que les bûches issues des quelques arbres situés sur notre terrain. Tout d'abord deux grands cèdres furent abattus et  fournirent un bois, somme toute, assez léger qui brûlait assez rapidement. Deux bouleaux ont ensuite été abattus et fournirent un bois qui se consumait vite en produisant de belles flammes bien vives et bien jaunes. Un vrai spectacle qui réchauffe le cœur et flatte le regard. Ensuite ce fut le cas d'un érable très vigoureux, qu'il fallut rabattre sévèrement. Le cognassier, ne produisant plus que des très gros fruits absolument de très mauvaises qualités a lui aussi présenté sa candidature pour être transformé en bon bois de chauffage. Enfin ce fut le grand cerisier, frappé par la sénilité et la maladie, qui fut mis à bas en 2016. Mis à bas avant que les tempêtes ne se chargent de ce travail, car son énorme tronc était devenu un excellent logis pour écureuils et une niche de très bonne facture pour  quelqu’autres abeilles sauvages. C'est ce bois que la cheminée dévore en ce moment à l'occasion des quelques flambées que cet hiver très clément, nous autorise. Ces bois issus d'arbres fruitiers brûlent très lentement et conservent très longtemps des braises propices à propager une chaleur réconfortante. Quand nous habitions dans la ferme de mon Oncle et de ma Tante, le bois consommé par les cuisinières, en plus du charbon, provenait principalement de l'abattage des nombreux pommiers à cidre, qui étaient encore en grand nombre dans les différents herbages de l'exploitation. Pas besoin le plus souvent, d'abattre ces généreux pourvoyeur de ce cidre, si apprécié à la campagne. Les tempêtes, pourtant moins fréquentes à l'époque, précipitaient au sol ces vénérables vieillards devenus improductifs. Il fallait débiter ces troncs très durs au moyen de passants, grandes scies que l'on peut encore admirer, façon sujets en plastique sur les bûches de Noël et joyeusement animées par quelques gnomes à la barbe blanche. Quand le passant se révélait inefficace, c'est alors que la hache et les coins en acier entraient en action et faisaient gémir de douleur ces vénérables troncs souvent centenaires. L'autre source de bois de chauffage se situait dans les nombreuses haies qu'il fallait rabattre au moins une fois tous les sept ans. Sur d'énormes têtards souvent très creux, des baliveaux de plusieurs mètres fournissaient un très bon bois de chauffage composé de toutes ces nombreuses essences que l'on trouvait alors dans ces grandes haies qualifiées de défensives. Des haies dites défensives, non pas pour dissuader quelques chenapans ou autres voleurs de poules de s'introduire dans les propriétés, mais des haies destinées à décourager le bétail ruminant à aller brouter dans la pâture voisine, cette merveilleuse herbe verte de si bonne réputation. Ces travaux de bûcheronnage très pénibles occupaient une grande partie de l'hiver. Des travaux très pénibles à l'époque car la tronçonneuse n'avait pas encore atteint le niveau de vulgarisation actuel. Il est vrai que de ce fait, la campagne était beaucoup plus silencieuse. Je crois que ce n'est pas encore aujourd'hui que l'on pourra se muer en apprenti bûcheron, parce que j’entends, non pas le train siffler, mais le vent et la pluie qui de nouveau fouettent  les carreaux de nos fenêtres.

     

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    Bonjour


    Comme cet hiver continue de nous offrir des températures dignes d'un printemps, on va essayer d'évoquer les hivers d’antan. Tout en gardant un œil attentif sur le sort désastreux de tous ceux dont la propriété est devenue un marécage, une rizière ou un cloaque. Dans les années 50, on faisait encore un grand usage du charbon. Très peu de logis étaient pourvus d'un chauffage central. Cela était réservé aux habitations les plus cossues. Dans les habitations ordinaires, c'était la cuisine qui était la mieux équipée en matière de chauffage. Une cuisinière à bois ou à charbon fournissait la chaleur pour les convives et le moyen de faire mijoter de bon petits plats sur sa plaque de chauffe. Elle était presque toujours équipée de deux grands fours. En plus très souvent, elle fournissait l'eau chaude nécessaire à la préparation des repas et à l'entretien de la cuisine. Recouvertes de céramiques pour les plus anciennes, les plus récentes étaient habillées d'un émail blanc. Ces cuisinières étaient toujours ceinturées par une rambarde métallique qui nous dissuadait de mettre nos petites mains sur la plaque de chauffe, parfois portée au rouge. Cette rambarde servait aussi de corde à linge pour les torchons et autres lavettes. Le reste de la maison pouvait être chauffé au moyen d'un petit Godin ou d'une salamandre. Bien évidemment tous ces équipements ne pouvaient pratiquement être chargés qu'avec du charbon; les bûches de bois  devant, alors, avoir moins de vingt centimètres de longueur. Ce charbon était fourni sous forme de boulets à deux ou trois traits suivant la qualité. L’anthracite demeurait un produit plus onéreux et était souvent réservé aux chaudières. Ces équipements de chauffe étaient tous fabriqués en fonte et pesaient un poids redoutable. Les différents déménagements de mes parents nécessitèrent à chaque fois quatre gaillards très costaux pour soulever la grosse cuisinière à charbon de la cuisine. Dans toutes les bonnes cuisines, la bouilloire gorgée de calcaire, chantonnait doucement tout au long de la journée sur la plaque de la cuisinière. Cela permettait toujours d'offrir un bon café bien chaud à un visiteur occasionnel et bienvenu. Le four permettait aussi de réaliser de bonnes tartes aux pommes et le dimanche de cuire un poulet dodu à la peau dorée et craquante, dûment arrosé de sauce, périodiquement et patiemment, par la maîtresse de maison. La mode de la bassinoire étant dépassée depuis longtemps, ce four nous permettait d'y déposer une brique, qui enveloppée de papier journal, réchauffait efficacement les draps de nos chambres humides et sans chauffage. Ces cuisinières nécessitaient, chaque année, de grosses quantités de charbon. Dans le midi, du fait du climat, mes parents ne commandaient que deux ou trois sacs de boulets à chaque livraison. Plus tard, revenus dans l'Oise, il fallait commander au moins une demi-tonne de ces trois traits, quand ce n'était pas une tonne, pour alimenter la cuisine de mes parents et celle de mon Oncle et de ma Tante. C'est dire la différence de climat. Je garderai longtemps le souvenir de ce gazogène soufflant et puant qui s'acharnait à grimper cette côte considérée comme la plus rude de la course cycliste du «Paris-Nice». Nous habitions ici dans les premiers lacets de la côte du Faron et c'était amusant de regarder ce véhicule antédiluvien s'époumonant et renâclant dans cette ascension, suivi d'un panache de fumée digne d'une locomotive à vapeur. Car ce véhicule n'acceptait que du bois comme carburant. Il marchait au gaz des forêts comme l'on disait pendant la guerre. Le négociant profitait de cette expédition héroïque pour livrer en sus des deux ou trois sacs de boulets, un bidon de cette excellente huile d'olive de première pression et une bourriche de vin du meilleur cru.

     

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    Bonjour

    L'hiver avec son cortège traditionnel de froidure et d'humidité est toujours propice à l'industrie du chauffage. Cinq grandes sources d'énergie sont proposées aujourd'hui. Tout d'abord les plus traditionnelles comme le bois de chauffage et le charbon. Le bois de chauffage a été très longtemps la première source de combustible à la ville comme à la campagne. Depuis plusieurs siècles le charbon est bientôt venu le seconder; surtout en ville. Dans les années 50/60 avec la généralisation du mazout comme combustible domestique et l'arrivée dans les cuisines du propane et du butane, le bois de chauffage est véritablement tombé en disgrâce. Emporté par la vague de modernité à tout crin, se chauffer au bois était, dans ces années là, devenu complètement «Ringard» Il n'y avait plus que les cultivateurs qui continuaient à utiliser le bois produit par leurs haies et leurs propriétés boisées. Le public, à l'époque, était même devenu méprisant vis à vis des populations agricoles. Cela a bien changé depuis; fort heureusement. Il suffit de se souvenir des différents épithètes forts disgracieux et souvent insultants adressés vers ces populations pourtant si laborieuses et si sympathiques. Il faut bien reconnaître que la transformation profonde du monde agricole dans les années d'après-guerre a entraîné  un exode massif vers les villes, de ces populations souvent composées de salariés agricoles. Il était plus gratifiant de faire visiter son HLM tout neuf, dans des banlieues toutes neuves, doté de tout ce confort inconnu dans les campagnes, que de continuer à subsister dans de pitoyables masures paysannes  avec WC sur cour. Dans le début des années 60 se chauffer au bois sentait alors encore fortement la pauvreté. Il fallut attendre le bouleversement des idées en 1968 pour voir évoluer cette mentalité. Les jeunes aux cheveux longs et  aux idées courtes, comme on disait à l'époque, ont véritablement mis sens dessus dessous toutes les certitudes de cette société pourtant bien installée dans la modernité. Dans les années 70, la redécouverte des modes d'existence plus traditionnels changea le regard du public vers la vie à la campagne et de ses usages. Dans les nouveaux pavillons neufs destinés à un  large public qui accédait avec bonheur à la propriété, posséder une cheminée à bois était tout simplement devenu «Tendance» pour employer une formule qui n'était pas encore à la mode à l'époque. Celui qui continuait à se chauffer avec son chauffage au mazout, passait pour un citoyen un peu démodé. Les années «Formica» étaient dès lors bien finies. Il faut dire que le premier choc pétrolier a été pour beaucoup dans le retour en grâce de moyens de chauffage beaucoup moins onéreux. Le bois profita pleinement de ce renouveau et est devenu le mode de chauffage préféré de près d'un quart de la population Française. Comme ce sujet chaud et brûlant  est assez vaste, demain, nous parlerons d'un combustible beaucoup moins employé aujourd'hui. Un combustible qui porte l'empreinte de la grande misère ouvrière du XIX siècle.

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    Bonjour 

    Il commence à faire ses bourgeons. On le nomme souvent «L'Or du Printemps». Sa floraison étoilée nous enchante toujours. Ce n'est pas le mimosa, mais le forsythia. Souvent trop en avance au gré de certains, il commence à développer ses bourgeons déjà bien jaune. Très souvent implanté dans les haies champêtres, il éclaire de sa parure en or  le début du printemps. Quelques esprits chagrins trouvent toujours qu'il a été trop planté. Mais cette symphonie de jaune n'est-elle pas pour réjouir l'œil et l'esprit après cette sinistre sonate funèbre teintée de grisaille et de lourds sanglots que cet hiver vient de nous jouer et de nous  laisser en dépôt. Des lourds sanglots dont des milliers de riverains ne parviennent plus à en évacuer les méfaits et les destructions. Tandis que notre arbuste vient réveiller nos joies qui auraient put être engourdies par cet hiver si gonflé de pluies scélérates et de tempêtes au souffle bien trop destructeur. Dans notre campagne céréalière le printemps se colore en jaune. Cela est devenu traditionnel. Après la nuance de soufre des forsythias, succèdent la toison d'or des grandes pièces de colza. Un colza dont on peut deviner, actuellement, la culture sur la plaine; le vert des parcelles semées en colza se distinguant très bien des emplacements plantés en blé d'hiver. Dans mes haies se trouvent quelques plants de forsythias qui sont assistés par la parure dorée des troènes dorés, si bien nommés. Leur supériorité sur les forsythias leur permet de ne plus quitter ce manteau de dorure de toute l'année. Le thermomètre ne se risquant plus à vouloir  fricoter au dessous des moins dix degrés, les troènes ne perdent plus leurs feuilles, qui sont pourtant si minuscules. C'était, il y a encore quelques années, le reproche fait aux haies de troènes, lorsque celles-ci devenaient transparentes du fait d'un hiver brutal et agressif. Une critique qui intervenait en faveur d'un nouveau type de haie  très à la mode, dont il fallait absolument faire la promotion. Un arbuste dont le bupreste et la trop grande vulgarisation ont entraîné le déclin. L'ennui naissant de l'uniformité, de nombreuses haies de thuyas ont été, depuis, arrachées et déposées en déchetteries, sans épitaphe glorieuse. Un bois que l'on ne peut même pas mettre à la cheminée, tant sa sève est nourrie de résines fortement funestes à nos tapis et à nos moquettes. Même dévolu au titre de succédané du charbon de bois dans nos «Barbecues parties», il est encore capable de perforer durablement le bas d'un «Jean» couleur indigo, façon «Tontons Flingueurs». Il serait déloyal de ne pas souligner les grandes qualités de cet arbuste, originaire des forêts d'Amérique, qui peut même devenir un très grand arbre. Des qualités qui nous ont séduits à l'époque. Une parure toujours verte; une pousse et une installation rapide; une grande résistance aux rigueurs de nos plus mauvais hivers. Toujours vert! Dites-vous? Son nom botanique que nous avons emprunté au  latin est «Atrovirens». Tout un programme! 

     

     

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    Bonjour

    51 jours! C'est le nombre de jours de froid, d'humidité et de désagréments que l'hiver va encore nous faire subir avant l'arrivée du printemps. Hier, journée sans aucune brise, même la plus légère; une journée qui  a permis de travailler au toilettage annuel et hivernal de notre jardin. Déjà quelques crocus sous les défuntes feuilles de l'automne dernier. Les narcisses comme les jonquilles, commencent à gonfler les petites  housses verdâtres qui emprisonnent encore les délicates trompettes d'or qui salueront avec éclat le printemps prochain. Rosiers et clématites offrent déjà de délicats petits bourgeons en vue de fêter la venue du printemps. La réparation des serres a commencé. Les plaques de polycarbonate qui se sont échappées en profitant de la complicité des nombreuses tempêtes de cet hiver, sont remplacées par de nouvelles, trouvées sur Internet. On ne peut se procurer ce type de matériel que sur le numérique. Brico Dépôt ne proposant que des plaques de type véranda, plus solides et plus épaisses, mais d'un prix astronomique pour une vulgaire petite serre à légumes. Les tempêtes nous ont fourni du bois excellent pour allumer le feu. Les minuscules brindilles de bouleaux, excellentes pour constituer ces balais véhicules de nos  sorcières bien aimées, sont aussi très providentielles en tant que fagot pour la cheminée. Comme cette ramure est très souvent morte sur l'arbre, les tempêtes n'éprouvent aucune difficulté à nous offrir cet amadou propice au démarrage de la cheminée. Du bois qui crépite joyeusement et généreusement, sans nous mitrailler à coup de flammèches incandescentes, façon  conifères gorgés de résine. Plusieurs grosses branches sont tombées de ces bouleaux, heureusement, sans faire aucun dégât. Cela n'arrive ordinairement qu'en cas de givre intense qui provoque alors un surpoids très important sur les branches de ces infortunés bouleaux. Cela n'est arrivé, qu'une seule fois en quarante ans. Un des bouleaux fut même décapité par ce cataclysme hivernal. Les tempêtes actuelles, nouvelle formule, s'acharnent avec ténacité et cruauté sur leurs victimes afin de les déposséder de leur ramure hivernale. La grande tempête de 99 n'avait pas provoqué de telles blessures.  Donc on va continuer de profiter de ce répit que nous offre cet hiver façon réchauffement climatique, pour procéder à l'embellissement et à l'entretien de l'objet de nos soins quotidiens.

     

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    C'est la mousson! C'est ce que l'on peut constater en voyant les photos de notre pauvre et beau pays. Pas une région n'est épargnée. La crue de la Seine est exceptionnelle si on la compare avec celle de 1658 et de 1910. C'est ce que l'on croyait encore en juin 2016, lorsque les eaux se retiraient de la région parisienne. Mais ces crues exceptionnelles sont devenues quotidiennes. Heureusement qu'au lendemain de la crue de 1910, les autorités de l'époque ont fait construire des réservoirs en amont de la région parisienne. Des réservoirs qui ont permis en juin 2016 de préserver la ville de Paris d'un grand désastre. Tout cela confirme les effets néfastes du réchauffement climatique. D'après les spécialistes, les inondations et les tempêtes sont devenues les risques majeurs qui frappent quotidiennement notre pays. Il est bien évident qu’en plus du réchauffement climatique, des erreurs ont été commises. Les autorités ont trop longtemps laissé construire en zones inondables connues. Dans les années 60/70, ces autorités politiques ont été véritablement achetées par des promoteurs assoiffés d'argent et de profits faciles, façon Donald Trump. Des pratiques agricoles néfastes à l'environnement ont été mises en place, au nom de l'efficacité et de la modernité. Au lendemain de la catastrophe de Vaison La Romaine en 1992, des agriculteurs ont réhabilité des pratiques et des techniques plus adaptées au travail des sols. Là aussi un phénomène climatique exceptionnel qui intervient sur un domaine dont on a bafoué les précautions les plus élémentaires en matière de gestion des sols. Issu pour moitié d'une famille d'agriculteurs et d'exploitants agricoles, j'ai habité durant quelques années dans des fermes, où j'ai souvent entendu les nombreux débats dans les années 50, entre les différentes générations d'agriculteurs qui composaient notre famille. Ne comprenant absolument rien à ces discussions, ma mémoire de «Ch'Tio Normand» me permet de mieux comprendre, aujourd'hui, les responsabilités des uns et des autres. Dans ces années là, que l'on qualifiait encore d'années d'après guerre, un choix douloureux s'offrait aux exploitants agricoles. Il allait falloir remplacer la plus noble conquête de l'homme par un tracteur agricole au sein même de l'exploitation familiale. De plus les autorités politiques de l'époque ont encouragé et même subventionné les exploitants qui arrachaient les nombreux pommiers qui étaient plantés dans le bocage Breton, Vendéen et Normand, afin de lutter contre l'alcoolisme. Les exploitants agricoles ne se contentèrent pas d'abattre les pommiers, mais commencèrent à arracher les nombreuses haies qui composaient ce bocage destiné surtout à l'élevage de bovins, afin de remembrer les parcelles en vue de créer des plaines céréalières mieux adaptées aux nouvelles techniques. Pas besoin d'être paysan pour comprendre le bien-fondé de ces nouvelles dispositions, mais cela s'est trop souvent réalisé sans discernement. Résultat un biotope désarmé face à des agressions climatiques exceptionnelles qui deviennent souvent quotidiennes. Aujourd'hui, on replante des haies en bordure de certaines parcelles céréalières, on réforme des techniques de labourage mal adaptées à la stabilité des sols. N'oublions jamais que notre environnement est un système vivant très complexe, dont il faut choyer et entretenir avec grand soin tous les tenants et les aboutissants. Continuer de l'ignorer nous projette invariablement vers un avenir de larmes et de colères.

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    Bonjour

    J'ai remarqué, à l'occasion de ma commande de graines, une nouvelle variété de fèves. Oui, je sais! Les fêtes de l'épiphanie sont passées depuis longtemps. Je ne parle pas de cette petite figurine en porcelaine ou en céramique, dont les bons boulanger-pâtissiers fourrent leurs galettes à l'occasion de cette fête de tradition religieuse. Même si la religion n'est plus beaucoup pratiquée en France, elle nous laisse de nombreux jours fériés en héritage. Des jours de fêtes et de liesses; de joies populaires et aussi de fêtes commerciales. La République, que j'honore quotidiennement, ne nous fournit pas souvent l'occasion de rigoler à travers ses jours fériés commémoratifs. Le 11 novembre et le 8 mai n'étant pas vraiment des jours de réjouissances, mais des journées de souvenirs et de réflexions. Seule notre fête nationale par ses défilés et ses feux d'artifices replace chaque année notre beau pays au sein de notre démocratie. Donc cette fève, instrument et symbole d'une royauté éphémère, fut remplacée dans les galettes par de petits objets qui font aujourd'hui le bonheur de nos contemporains atteints de fabophilie. Pas vraiment une nouvelle maladie orpheline, mais la passion des collectionneurs de fèves. J'ai connu une époque où les boulangers mettaient encore deux fèves dans leurs gâteaux. En Provence, dans les années 50, on trouvait encore dans les couronnes dûment garnies de gros fruits confits, deux fèves; celle issue de la récolte de ce légume à écosser et l'autre tout d'abord réalisée en plastique, puis en métal et enfin en porcelaine. Cela respectait la tradition des temps très anciens, où il fallait désigner un roi et aussi son épouse. Cette tradition s'est malheureusement perdue. Serait-ce pour cela qu'il y a si peu de femmes en politique? Donc notre fève qui repose sur de doux coussins blancs au sein de belles et grosses cosses, façon mousseline, peut se passer de cette membrane coriace pour nous offrir ce nouveau légume, selon mon fournisseur de graine. Comme les pois mangetouts, il est permis de consommer l'enveloppe de cette légumineuse inscrite au registre des féculents. «Stereo» se nomme-t-elle sur le catalogue. Est-ce une ancienne variété redécouverte ou alors un nouveau concept de légume développé à partir de la sélection et de la grande compétence des obtenteurs? Je pense qu'il faudra consommer cette nouveauté à un stade extrêmement jeune, si l'on ne veut pas se retrouver dans son assiette avec des gousses  à la chair très coriace à la manière de ces haricots verts cueillis trop tard et à la fin de leur cycle végétatif et pourtant qualifiés de «Sans-fil».

     

     

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