• Dimanche 28 janvier 2018

     

         Journal Ordinaire D'Un Jardinier Ordinaire

           

    Bonjour 

    Il commence à faire ses bourgeons. On le nomme souvent «L'Or du Printemps». Sa floraison étoilée nous enchante toujours. Ce n'est pas le mimosa, mais le forsythia. Souvent trop en avance au gré de certains, il commence à développer ses bourgeons déjà bien jaune. Très souvent implanté dans les haies champêtres, il éclaire de sa parure en or  le début du printemps. Quelques esprits chagrins trouvent toujours qu'il a été trop planté. Mais cette symphonie de jaune n'est-elle pas pour réjouir l'œil et l'esprit après cette sinistre sonate funèbre teintée de grisaille et de lourds sanglots que cet hiver vient de nous jouer et de nous  laisser en dépôt. Des lourds sanglots dont des milliers de riverains ne parviennent plus à en évacuer les méfaits et les destructions. Tandis que notre arbuste vient réveiller nos joies qui auraient put être engourdies par cet hiver si gonflé de pluies scélérates et de tempêtes au souffle bien trop destructeur. Dans notre campagne céréalière le printemps se colore en jaune. Cela est devenu traditionnel. Après la nuance de soufre des forsythias, succèdent la toison d'or des grandes pièces de colza. Un colza dont on peut deviner, actuellement, la culture sur la plaine; le vert des parcelles semées en colza se distinguant très bien des emplacements plantés en blé d'hiver. Dans mes haies se trouvent quelques plants de forsythias qui sont assistés par la parure dorée des troènes dorés, si bien nommés. Leur supériorité sur les forsythias leur permet de ne plus quitter ce manteau de dorure de toute l'année. Le thermomètre ne se risquant plus à vouloir  fricoter au dessous des moins dix degrés, les troènes ne perdent plus leurs feuilles, qui sont pourtant si minuscules. C'était, il y a encore quelques années, le reproche fait aux haies de troènes, lorsque celles-ci devenaient transparentes du fait d'un hiver brutal et agressif. Une critique qui intervenait en faveur d'un nouveau type de haie  très à la mode, dont il fallait absolument faire la promotion. Un arbuste dont le bupreste et la trop grande vulgarisation ont entraîné le déclin. L'ennui naissant de l'uniformité, de nombreuses haies de thuyas ont été, depuis, arrachées et déposées en déchetteries, sans épitaphe glorieuse. Un bois que l'on ne peut même pas mettre à la cheminée, tant sa sève est nourrie de résines fortement funestes à nos tapis et à nos moquettes. Même dévolu au titre de succédané du charbon de bois dans nos «Barbecues parties», il est encore capable de perforer durablement le bas d'un «Jean» couleur indigo, façon «Tontons Flingueurs». Il serait déloyal de ne pas souligner les grandes qualités de cet arbuste, originaire des forêts d'Amérique, qui peut même devenir un très grand arbre. Des qualités qui nous ont séduits à l'époque. Une parure toujours verte; une pousse et une installation rapide; une grande résistance aux rigueurs de nos plus mauvais hivers. Toujours vert! Dites-vous? Son nom botanique que nous avons emprunté au  latin est «Atrovirens». Tout un programme! 

     

     

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