• Mercredi 17 janvier 2018

     

         Journal Ordinaire D'Un Jardinier Ordinaire

           

    Bonjour

    Les frimas et la tempête grondent à nos portes. La pluie nous est déversée à l'horizontale contre les fenêtres, tant le vent est puissant; et pourtant cela ne nous empêche pas de songer aux beaux jours, de rêver au temps des cerises. Une époque bénie où il faut quand même disputer le fruit de nos arbres aux pique-assiettes en tout genre. La réussite dans la culture de la cerise n'est pas gagnée d'avance. Il faudra d'abord en passer par l'étape de la floraison, car si durant cette époque le temps est trop chargé en pluie, comme en ce moment, la fleur de cerisier, si vénérée de nos amis nippons, part en coulure. Terme usité en arboriculture qui désigne la disparition des fleurs en cas de mauvaises conditions météo. Le pollen, cette farine qui a pour mission de fertiliser les autres fleurs de nos fruitiers se retrouve précipitée au sol, où elle a perdue toute fonction créatrice. Et il faut se mettre à la place de ces insectes, en ce début de printemps, chargés de diffuser ces substances fertilisantes au travers de nos jardins. Difficile, même avec trois paires de pattes, de collecter cette divine poussière à l'aide d'une mandibule, de tenir le parapluie d'une autre patte et en plus de s'agripper  aux branches, car les pluies diluviennes sont très souvent accompagnées de bourrasques. On comprend fort bien, alors, pourquoi nos amis insectes  ne se risquent point à se mouiller les  ailes. Et tant pis pour le temps des cerises, même pas quelques queues de cerises à faire en décoction. Et si le temps favorable du mois d'avril, ponctué de ces bourdonnements réjouissants laisse entrevoir de belles récoltes de cerises en juin/juillet, il faudra encore passer sous les fourches caudines des gelées du début de mai, qui si celles-ci sont sévères, ne nous laissent plus que nos yeux pour pleurer. On se retrouve alors avec de chétives queues de cerises surmontées par une minuscule petite olive, devenue noire, du fait des œuvres de ces saints de glaces, si craints et si réputés, qui opèrent chaque année dans la deuxième semaine du mois de mai. Enfin, toutes ces épreuves étant surmontées, il nous faudra alors disputer aux oiseaux ces drupes aux belles nuances de rouge et si fortement convoitées. Et nous pourront alors chanter : « Quand nous chanterons le temps des cerises, Et gai rossignol, et merle moqueur Seront tous en fête !»  



     Les carnets de Jules Hostouley 

       
     

     

     

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