• Mercredi 31 janvier 2018

     

         Journal Ordinaire D'Un Jardinier Ordinaire

           

    Bonjour

    Notre fournisseur de gaz vient de nous livrer une demi-tonne de gaz. Du gaz de pétrole liquéfié communément désigné sous le vocable «GPL». Gaz qui est plus connu sous le nom de propane. Notre maison est ainsi chauffée par une installation de chauffage centrale au gaz. Ce moyen de chauffage peut être occasionnellement secondé par une cheminée à foyer ouvert. La pose d'un insert se révélant inutile à cause de la disposition de la maison. Celle-ci étant tout en longueur et divisée en trois corps. Pour qu'un insert puisse délivrer un maximum d'efficacité, il doit être installé au centre d'une maison avec étage en forme de quadrilatère. Le coût de ce gaz est beaucoup plus cher que le mazout. Durant les hivers les plus rudes, on brûlait du bois, en deuxième partie de la journée, dans la cheminée située dans la salle à manger. Les hivers actuels, nous dispensent de cet usage. Nous ne brûlons plus que les bûches issues des quelques arbres situés sur notre terrain. Tout d'abord deux grands cèdres furent abattus et  fournirent un bois, somme toute, assez léger qui brûlait assez rapidement. Deux bouleaux ont ensuite été abattus et fournirent un bois qui se consumait vite en produisant de belles flammes bien vives et bien jaunes. Un vrai spectacle qui réchauffe le cœur et flatte le regard. Ensuite ce fut le cas d'un érable très vigoureux, qu'il fallut rabattre sévèrement. Le cognassier, ne produisant plus que des très gros fruits absolument de très mauvaises qualités a lui aussi présenté sa candidature pour être transformé en bon bois de chauffage. Enfin ce fut le grand cerisier, frappé par la sénilité et la maladie, qui fut mis à bas en 2016. Mis à bas avant que les tempêtes ne se chargent de ce travail, car son énorme tronc était devenu un excellent logis pour écureuils et une niche de très bonne facture pour  quelqu’autres abeilles sauvages. C'est ce bois que la cheminée dévore en ce moment à l'occasion des quelques flambées que cet hiver très clément, nous autorise. Ces bois issus d'arbres fruitiers brûlent très lentement et conservent très longtemps des braises propices à propager une chaleur réconfortante. Quand nous habitions dans la ferme de mon Oncle et de ma Tante, le bois consommé par les cuisinières, en plus du charbon, provenait principalement de l'abattage des nombreux pommiers à cidre, qui étaient encore en grand nombre dans les différents herbages de l'exploitation. Pas besoin le plus souvent, d'abattre ces généreux pourvoyeur de ce cidre, si apprécié à la campagne. Les tempêtes, pourtant moins fréquentes à l'époque, précipitaient au sol ces vénérables vieillards devenus improductifs. Il fallait débiter ces troncs très durs au moyen de passants, grandes scies que l'on peut encore admirer, façon sujets en plastique sur les bûches de Noël et joyeusement animées par quelques gnomes à la barbe blanche. Quand le passant se révélait inefficace, c'est alors que la hache et les coins en acier entraient en action et faisaient gémir de douleur ces vénérables troncs souvent centenaires. L'autre source de bois de chauffage se situait dans les nombreuses haies qu'il fallait rabattre au moins une fois tous les sept ans. Sur d'énormes têtards souvent très creux, des baliveaux de plusieurs mètres fournissaient un très bon bois de chauffage composé de toutes ces nombreuses essences que l'on trouvait alors dans ces grandes haies qualifiées de défensives. Des haies dites défensives, non pas pour dissuader quelques chenapans ou autres voleurs de poules de s'introduire dans les propriétés, mais des haies destinées à décourager le bétail ruminant à aller brouter dans la pâture voisine, cette merveilleuse herbe verte de si bonne réputation. Ces travaux de bûcheronnage très pénibles occupaient une grande partie de l'hiver. Des travaux très pénibles à l'époque car la tronçonneuse n'avait pas encore atteint le niveau de vulgarisation actuel. Il est vrai que de ce fait, la campagne était beaucoup plus silencieuse. Je crois que ce n'est pas encore aujourd'hui que l'on pourra se muer en apprenti bûcheron, parce que j’entends, non pas le train siffler, mais le vent et la pluie qui de nouveau fouettent  les carreaux de nos fenêtres.

     

    Â demain

     

      Les carnets de Jules Hostouley 

       
     

     

     

    « Mardi 30 janvier 2018Lundi 5 février 2018 »

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