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    Bonjour
    Hier giboulée de mars et hausse des températures. Début des semis de tomates. Le soleil chauffe bien les serres. Séjour agréable dans celles-ci. L'année dernière les semis ont débutés le 2 mars 2017. Pas de retard dans ce domaine. 5 graines par variétés. Encore de nombreuses variétés en stock. Si tout se passe bien, les repiquages devraient intervenir vers le 20 mars . En serre remplacement des laitues attaquées par les oiseaux pendant l'épisode neigeux. Malgré les moins cinq degrés dans la serre ( moins dix degrés dehors) les plants de laitues n'ont pas gelés. Une soixantaine de plants sont venus s'ajouter aux autres dans cette serre. La fin avril sera bien pourvue en laitues de diverses variétés. Si les limaces, les oiseaux et toutes ces sortes de parasites ne les ont pas boulotté avant. Ce sont surtout les batavias qui dominent. Ce sont des variétés plus rustiques, donc plus faciles à élever. L'année dernière du fait de cet été très sec et très chaud, il n'a pas été possible de semer des salades d'hiver. Des variétés qui passent l'hiver dehors et qui se consomment au printemps. On va bientôt semer en mini-cubes les variétés de printemps que l'on repiquera dans le potager. Avec la culture des tomates, la culture des salades en général, sont les productions auxquelles j'accorde le plus de soin. Obtenir de bonnes laitues ou de bonnes scaroles demande une attention constante. Ces belles salades ont vite fait de monter à graine si l'on n'a pas pris la peine d'espacer les semis et les repiquages. Elles se trouvent alors transformées en verdure pour les poules. Pas vraiment le but recherché. Donc la saison 2018 est bien commencée. Espérons ne pas subir les canicules et les sécheresses de ces trois années qui viennent de s'écouler. 

     

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    Bonjour

    Enfin, on a réussi à semer les prochaines fleurs du printemps. Avec le soleil qui revient par épisodes, l'intérieur des serres est chauffé à plus de 20 degrés. On peut ainsi y travailler confortablement et procéder à une activité qui ne réchauffe pas du tout. Manipuler à la pince à épiler de minuscules graines de pétunias n'est pas un travail de bûcheron; occupation très noble  qui  tout en assurant l'approvisionnement  de la cheminée est  très enrichissante en hiver par son bénéfice physique et sportif. Â cause des températures très faibles de février, on a plus d'un mois de retard dans l'accomplissement de ces semis. Les températures de février ayant été presque toutes en dessous des moyennes saisonnières selon Météo France. Hier on réussi à ensemencer plus de 15 barquettes de mini-cubes. Des barquettes qui peuvent héberger 100 de ces petits cubes. Pas moins de 1500 plants sont ainsi mis à germer dans les bacs de multiplication. Dans  3 semaines, après avoir veillé quotidiennement au bien-être de tous ces futurs plants d'annuelles, il faudra alors les replanter en godets de 7cm. Cela demandera alors beaucoup plus de travail et une manipulation infiniment plus importante de matériaux de culture. Une autre annuelle a été semée hier. C'est la rose d'Inde, une fleur qui éclaire violemment les potées et les jardinières avec ses nuances d'or très prononcées. Nuances qui sont toujours rehaussées par les autres teintes de cette reine des massifs déclinées en orange, couleur de notre agrume préféré. Ces roses d'Inde comme les œillets d'Inde produisent une graine noire, façon harpon avec une queue en forme de toupet jaune. Une flèche de près de 2 cm de long, très facile à planter au cœur du malheureux mini-cube. Tout cela pour notre plus grand bonheur.

     

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    Bonjour

    Dans quelques jours c'est le printemps. Les températures sont brutalement remontées. Les régions du sud en ont fait les frais. Chez nous, juste quelques flocons. Un peu de verglas hier en début de journée. Dans le jardin les invasives non vivaces ont été consumées par le gel de ces dix derniers jours. Dans le poulailler les pondeuses ont repris leur besogne. De un œuf par jour au premier février, elles donnent maintenant six œufs par jour. Et ce n'est pas fini. Les trois mois qui s'annoncent sont les meilleurs en matière de production d'œufs. La tradition des œufs de pâques est pour beaucoup dans ce constat. Pour les éleveurs qui désirent assurer la descendance de leurs pondeuses, c'est l'époque où  il va falloir mettre les œufs à couver. Des poussins qui naissent dés le début du printemps ont beaucoup plus de chance de bien se développer. Dans les serres, des plants de salades repiqués il y a trois semaines semblent avoir subi des dommages à cause du froid. Du fait de la neige, les oiseaux sont venus se servir sur ces plants très tendres. Le pied de mimosa conservé en pot depuis l'année dernière a bien supporté cette période de froid. Â l'extérieur les serres ont subi quelques dommages des nombreuses tempêtes de cet hiver complètement déjanté. Une canalisation d'eau servant à irriguer les serres n'a pas supporté ce gel brutal; malgré sa mise hors service. Sur la maison, quelques gouttières et descentes de gouttières ont été endommagées. On va pouvoir enfin procéder aux premiers semis sur cubes au chaud dans les serres. Ils ont déjà pris plus d'un mois de retard. Il est très difficile de procéder à ces semis par moins dix degrés. Ce travail très minutieux ne réchauffe pas du tout. Dans ces périodes, seul le travail de bûcheron peut se pratiquer à l'extérieur. D'ailleurs durant ce mois de février nous avons souvent entendu le chant mélodieux des tronçonneuses à l'orée des bois.

     

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    Moins neuf. Moins neuf degrés sur le thermomètre ce matin à sept heures. Le vent du nord-est est pratiquement tombé. Hier un peu de flocons qui  virevoltaient de temps à autre. Moins neuf en Picardie et la météo de la 2, hier soir, relatait + 6 °C au nord du Groenland. Ces températures ne sont pas extrêmes, car en 1982 le thermomètre est descendu à - 23°C dans notre région de plaine. Et nous étions privés d'électricité, car les pylônes de la très haute tension, à cause du givre, s'étaient effondrés en région parisienne. Au bout de 5 jours seulement, notre lotissement a été alimenté par un gros groupe électrique. Nous entendions deux ou trois fois par heure, les gros pommiers dans les pâtures voisines, qui perdaient leurs plus grosses branches, sous le poids intense du givre accumulé. Il faut rappeler que sous ces températures très basses, il s'est mis à pleuvoir. Mes bouleaux, encore très jeunes, on pratiquement perdu toutes leurs branches. Certains étaient même allongés à l’horizontale. Heureusement, ils s'en sont tous remis. Le bouleau est vraiment un arbre à feuilles caduques, bien adapté aux températures extrêmes. Quand aux pommiers, trop mutilés pour espérer des récoltes de pommes à cidre, ils ont finis en bois de chauffage. Les cultivateurs n'ont plus produit de cidre depuis ce cataclysme.  

     

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    Bonjour

    La campagne s'est maintenant installée sous la neige. Le froid est descendu sur notre plaine. Moins six sous le zéro de nos thermomètres pendant la nuit. Le soleil apparaît de plus en plus durablement  tout au long des journées. La neige fond petit à petit. Toute cette eau rejoint la nappe phréatique sans ruisseler. La longueur des journées étant en progression constante, les poules recommencent à pondre. Deux gros œufs par jour.  Elles ont arrêté depuis plus de deux mois. C'est la première fois que cela se produit. Le cumul de l'humidité et le manque de lumière est très défavorable à la ponte de ces volatiles. Chaque jour il faut remplir les abreuvoirs avec un seau d'eau chaude. Disposé sur la neige, un lit de paille est le bienvenu. Les pondeuses retournent inlassablement cette couverture sèche à la recherche d'un quelconque grain de blé oublié par la moissonneuse. Pendant l'hiver dans les exploitations, le bétail demande plus de soin que pendant la bonne saison. Â la ferme, pendant les périodes de froid intense nous nous réfugions souvent dans les étables. Cinq ou six vaches sont suffisantes pour assurer une ambiance confortable. Elles devaient être régulièrement approvisionnées en matière sèche. Le foin entreposé dans les greniers de ces étables avait deux fonctions. Il servait d'isolation et ensuite de nourriture pour les bovins. La paille étant réservée au renouvellement des litières. Comme il fallait aussi fournir des matières fraîches à ces paisibles ruminants, nous nous offrions pour tourner le moulin à betteraves. De grosses betteraves jaunes ou rouges cultivées en été étaient réduites en copeaux, façon carottes râpées, à l'aide de cette machine à bras. Les laitières appréciaient beaucoup ces apports de matières azotées et naturelles qui remplaçaient l'herbe grasse de leurs pâturages. Ces sympathiques représentantes de la race «Normande» nous récompensaient en fournissant lors des deux traites journalières, un lait crémeux à souhait. Un lait qui n'avait rien à voir avec celui fournit, actuellement, par les coopératives. Des coopératives souvent au cœur de l'actualité, non pour la qualité de leurs produits, mais pour leur négligence en matière de pureté sanitaire. Ainsi l'élevage requiert des soins constants tout au long de l’année. On n'est pas prêt de s'ennuyer dans les fermes pendant l'hiver.  

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    Cinq centimètres et cela change tout. Cinq centimètres de neige et notre décor se trouve complètement changé, complètement transfiguré et bouleversé. La grisaille et le brouillard oublié et effacé. Le vent et les tempêtes rangés aux accessoires. Le thermomètre est  quant à lui descendu à moins trois degrés Celsius sur l'échelle bien connue de nos degrés centigrades. Seuls les riverains de la Seine vont encore quotidiennement et durement continuer de pagayer dans leur environnement transformé en bayou, les crocodiles en moins, heureusement. La fonte de cette neige va encore ajouter à leurs nombreuses difficultés. L'arrivée de la neige  a toujours réjouit les enfants. Seule une situation mal gérée ou mal appréhendée par les services départementaux peut transformer le trajet des salariés en cauchemars. Pour les potagers, en cas d'hiver rude et glacial, la venue de la neige se révèle être une protection efficace pour les plantes un peu fragiles qui doivent hiberner sous nos régions. Pas de transhumance ni de migration possible pour nos plantes favorites, condamnées chaque hiver, à attendre des jours meilleurs. Les perce-neiges, cette fois-ci honorent et justifient très bien leur appellation. On ne les voit même plus, enfouis sous ce blanc manteau hivernal. Ce sont les oiseaux qui sont peut-être les plus mal logés avec ces intempéries poudreuses et pas très chaudes. L'hiver est déjà une période rude pour cette population ailée. Mais l'arrivée de la neige saupoudre d'une couche durablement néfaste, leurs maigres ressources déjà dissimulées dans la terre. Leurs traces dans la neige facilitent aussi le travail de leurs prédateurs les plus tenaces et les plus voraces. Les lieux où de généreux donateurs et amoureux des oiseaux, ont déposé graines et matières grasses, se trouvent pris d'assaut par ces «SDF» d'un nouveau genre. Des volatiles indélicats viennent même y chaparder des nourritures qui ne leur sont pas destinées. Usant de leur taille plus importante pour décourager les plus petits de nos oiseaux préférés, de pouvoir picorer quelques menues graines, qui pourront leur permettre de survivre dans ce désert tout blanc et durablement glacé.

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    La météo nous annonce du froid pour les prochains jours. Donc moins de vent et de pluie. Les riverains de la Seine sont toujours dans l'eau. Et cela ne va pas s'arranger avec l'arrivée du gel et peut-être même de la neige. Hier le soleil a fait son retour pendant une grande partie de la journée. Mais le vent du nord a maintenu les températures à 1°C, pas plus. Heureusement au soleil, les températures sont plus clémentes. 25°C dans la serre adossée à la maison. Même en hiver le soleil peut être très généreux. Encore faut-il que la couverture nuageuse perpétuellement présente le laisse faire son ouvrage. Mon thermomètre mini/maxi est placé au nord et à l'ombre d'un appentis. Pas plus de 1°C de ce coté. Si le gel des prochains jours s'accentue, certaines mauvaises herbes vont succomber. Jusqu'alors seul trois degrés au dessous de zéro et pendant une seule nuit, n'ont pu venir à bout de ces envahisseuses. Le potager, le jardin, les arbres, les murs, les dallages, les serres : tout est vert! Façon Irlande. Ce temps sec va peut-être nous débarrasser de ce surcroît d'humidité. Du coté des dictons on trouve celui-ci qui est très explicite. «Beau février c'est disette au grenier» Un dicton qui rappelle que c'est mieux que l'hiver se déroule pendant les mois d'hiver. Ce n'est pas pour cela que le froid arrivera tardivement dans les mois suivant. Mais le dicton indique que, si la température est trop douce par rapport à la normale en février, les bourgeons risquent de se développer prématurément et subir des dommages par la suite. Car en février les jours continuent de s'allonger. De toute façon la plupart des végétaux ont besoin de l'hiver pour se reposer. On imagine très bien, par la suite, le comportement d'un être vivant qui manque de repos et de sommeil. La plupart des autres dictons de février vont dans ce sens: A savoir qu'il est préférable de se prendre l'hiver en ce moment; et que le jardin comme le jardinier ont besoin de repos. Very Happy 

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    Bonjour

    Notre fournisseur de gaz vient de nous livrer une demi-tonne de gaz. Du gaz de pétrole liquéfié communément désigné sous le vocable «GPL». Gaz qui est plus connu sous le nom de propane. Notre maison est ainsi chauffée par une installation de chauffage centrale au gaz. Ce moyen de chauffage peut être occasionnellement secondé par une cheminée à foyer ouvert. La pose d'un insert se révélant inutile à cause de la disposition de la maison. Celle-ci étant tout en longueur et divisée en trois corps. Pour qu'un insert puisse délivrer un maximum d'efficacité, il doit être installé au centre d'une maison avec étage en forme de quadrilatère. Le coût de ce gaz est beaucoup plus cher que le mazout. Durant les hivers les plus rudes, on brûlait du bois, en deuxième partie de la journée, dans la cheminée située dans la salle à manger. Les hivers actuels, nous dispensent de cet usage. Nous ne brûlons plus que les bûches issues des quelques arbres situés sur notre terrain. Tout d'abord deux grands cèdres furent abattus et  fournirent un bois, somme toute, assez léger qui brûlait assez rapidement. Deux bouleaux ont ensuite été abattus et fournirent un bois qui se consumait vite en produisant de belles flammes bien vives et bien jaunes. Un vrai spectacle qui réchauffe le cœur et flatte le regard. Ensuite ce fut le cas d'un érable très vigoureux, qu'il fallut rabattre sévèrement. Le cognassier, ne produisant plus que des très gros fruits absolument de très mauvaises qualités a lui aussi présenté sa candidature pour être transformé en bon bois de chauffage. Enfin ce fut le grand cerisier, frappé par la sénilité et la maladie, qui fut mis à bas en 2016. Mis à bas avant que les tempêtes ne se chargent de ce travail, car son énorme tronc était devenu un excellent logis pour écureuils et une niche de très bonne facture pour  quelqu’autres abeilles sauvages. C'est ce bois que la cheminée dévore en ce moment à l'occasion des quelques flambées que cet hiver très clément, nous autorise. Ces bois issus d'arbres fruitiers brûlent très lentement et conservent très longtemps des braises propices à propager une chaleur réconfortante. Quand nous habitions dans la ferme de mon Oncle et de ma Tante, le bois consommé par les cuisinières, en plus du charbon, provenait principalement de l'abattage des nombreux pommiers à cidre, qui étaient encore en grand nombre dans les différents herbages de l'exploitation. Pas besoin le plus souvent, d'abattre ces généreux pourvoyeur de ce cidre, si apprécié à la campagne. Les tempêtes, pourtant moins fréquentes à l'époque, précipitaient au sol ces vénérables vieillards devenus improductifs. Il fallait débiter ces troncs très durs au moyen de passants, grandes scies que l'on peut encore admirer, façon sujets en plastique sur les bûches de Noël et joyeusement animées par quelques gnomes à la barbe blanche. Quand le passant se révélait inefficace, c'est alors que la hache et les coins en acier entraient en action et faisaient gémir de douleur ces vénérables troncs souvent centenaires. L'autre source de bois de chauffage se situait dans les nombreuses haies qu'il fallait rabattre au moins une fois tous les sept ans. Sur d'énormes têtards souvent très creux, des baliveaux de plusieurs mètres fournissaient un très bon bois de chauffage composé de toutes ces nombreuses essences que l'on trouvait alors dans ces grandes haies qualifiées de défensives. Des haies dites défensives, non pas pour dissuader quelques chenapans ou autres voleurs de poules de s'introduire dans les propriétés, mais des haies destinées à décourager le bétail ruminant à aller brouter dans la pâture voisine, cette merveilleuse herbe verte de si bonne réputation. Ces travaux de bûcheronnage très pénibles occupaient une grande partie de l'hiver. Des travaux très pénibles à l'époque car la tronçonneuse n'avait pas encore atteint le niveau de vulgarisation actuel. Il est vrai que de ce fait, la campagne était beaucoup plus silencieuse. Je crois que ce n'est pas encore aujourd'hui que l'on pourra se muer en apprenti bûcheron, parce que j’entends, non pas le train siffler, mais le vent et la pluie qui de nouveau fouettent  les carreaux de nos fenêtres.

     

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    Comme cet hiver continue de nous offrir des températures dignes d'un printemps, on va essayer d'évoquer les hivers d’antan. Tout en gardant un œil attentif sur le sort désastreux de tous ceux dont la propriété est devenue un marécage, une rizière ou un cloaque. Dans les années 50, on faisait encore un grand usage du charbon. Très peu de logis étaient pourvus d'un chauffage central. Cela était réservé aux habitations les plus cossues. Dans les habitations ordinaires, c'était la cuisine qui était la mieux équipée en matière de chauffage. Une cuisinière à bois ou à charbon fournissait la chaleur pour les convives et le moyen de faire mijoter de bon petits plats sur sa plaque de chauffe. Elle était presque toujours équipée de deux grands fours. En plus très souvent, elle fournissait l'eau chaude nécessaire à la préparation des repas et à l'entretien de la cuisine. Recouvertes de céramiques pour les plus anciennes, les plus récentes étaient habillées d'un émail blanc. Ces cuisinières étaient toujours ceinturées par une rambarde métallique qui nous dissuadait de mettre nos petites mains sur la plaque de chauffe, parfois portée au rouge. Cette rambarde servait aussi de corde à linge pour les torchons et autres lavettes. Le reste de la maison pouvait être chauffé au moyen d'un petit Godin ou d'une salamandre. Bien évidemment tous ces équipements ne pouvaient pratiquement être chargés qu'avec du charbon; les bûches de bois  devant, alors, avoir moins de vingt centimètres de longueur. Ce charbon était fourni sous forme de boulets à deux ou trois traits suivant la qualité. L’anthracite demeurait un produit plus onéreux et était souvent réservé aux chaudières. Ces équipements de chauffe étaient tous fabriqués en fonte et pesaient un poids redoutable. Les différents déménagements de mes parents nécessitèrent à chaque fois quatre gaillards très costaux pour soulever la grosse cuisinière à charbon de la cuisine. Dans toutes les bonnes cuisines, la bouilloire gorgée de calcaire, chantonnait doucement tout au long de la journée sur la plaque de la cuisinière. Cela permettait toujours d'offrir un bon café bien chaud à un visiteur occasionnel et bienvenu. Le four permettait aussi de réaliser de bonnes tartes aux pommes et le dimanche de cuire un poulet dodu à la peau dorée et craquante, dûment arrosé de sauce, périodiquement et patiemment, par la maîtresse de maison. La mode de la bassinoire étant dépassée depuis longtemps, ce four nous permettait d'y déposer une brique, qui enveloppée de papier journal, réchauffait efficacement les draps de nos chambres humides et sans chauffage. Ces cuisinières nécessitaient, chaque année, de grosses quantités de charbon. Dans le midi, du fait du climat, mes parents ne commandaient que deux ou trois sacs de boulets à chaque livraison. Plus tard, revenus dans l'Oise, il fallait commander au moins une demi-tonne de ces trois traits, quand ce n'était pas une tonne, pour alimenter la cuisine de mes parents et celle de mon Oncle et de ma Tante. C'est dire la différence de climat. Je garderai longtemps le souvenir de ce gazogène soufflant et puant qui s'acharnait à grimper cette côte considérée comme la plus rude de la course cycliste du «Paris-Nice». Nous habitions ici dans les premiers lacets de la côte du Faron et c'était amusant de regarder ce véhicule antédiluvien s'époumonant et renâclant dans cette ascension, suivi d'un panache de fumée digne d'une locomotive à vapeur. Car ce véhicule n'acceptait que du bois comme carburant. Il marchait au gaz des forêts comme l'on disait pendant la guerre. Le négociant profitait de cette expédition héroïque pour livrer en sus des deux ou trois sacs de boulets, un bidon de cette excellente huile d'olive de première pression et une bourriche de vin du meilleur cru.

     

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    Bonjour

    L'hiver avec son cortège traditionnel de froidure et d'humidité est toujours propice à l'industrie du chauffage. Cinq grandes sources d'énergie sont proposées aujourd'hui. Tout d'abord les plus traditionnelles comme le bois de chauffage et le charbon. Le bois de chauffage a été très longtemps la première source de combustible à la ville comme à la campagne. Depuis plusieurs siècles le charbon est bientôt venu le seconder; surtout en ville. Dans les années 50/60 avec la généralisation du mazout comme combustible domestique et l'arrivée dans les cuisines du propane et du butane, le bois de chauffage est véritablement tombé en disgrâce. Emporté par la vague de modernité à tout crin, se chauffer au bois était, dans ces années là, devenu complètement «Ringard» Il n'y avait plus que les cultivateurs qui continuaient à utiliser le bois produit par leurs haies et leurs propriétés boisées. Le public, à l'époque, était même devenu méprisant vis à vis des populations agricoles. Cela a bien changé depuis; fort heureusement. Il suffit de se souvenir des différents épithètes forts disgracieux et souvent insultants adressés vers ces populations pourtant si laborieuses et si sympathiques. Il faut bien reconnaître que la transformation profonde du monde agricole dans les années d'après-guerre a entraîné  un exode massif vers les villes, de ces populations souvent composées de salariés agricoles. Il était plus gratifiant de faire visiter son HLM tout neuf, dans des banlieues toutes neuves, doté de tout ce confort inconnu dans les campagnes, que de continuer à subsister dans de pitoyables masures paysannes  avec WC sur cour. Dans le début des années 60 se chauffer au bois sentait alors encore fortement la pauvreté. Il fallut attendre le bouleversement des idées en 1968 pour voir évoluer cette mentalité. Les jeunes aux cheveux longs et  aux idées courtes, comme on disait à l'époque, ont véritablement mis sens dessus dessous toutes les certitudes de cette société pourtant bien installée dans la modernité. Dans les années 70, la redécouverte des modes d'existence plus traditionnels changea le regard du public vers la vie à la campagne et de ses usages. Dans les nouveaux pavillons neufs destinés à un  large public qui accédait avec bonheur à la propriété, posséder une cheminée à bois était tout simplement devenu «Tendance» pour employer une formule qui n'était pas encore à la mode à l'époque. Celui qui continuait à se chauffer avec son chauffage au mazout, passait pour un citoyen un peu démodé. Les années «Formica» étaient dès lors bien finies. Il faut dire que le premier choc pétrolier a été pour beaucoup dans le retour en grâce de moyens de chauffage beaucoup moins onéreux. Le bois profita pleinement de ce renouveau et est devenu le mode de chauffage préféré de près d'un quart de la population Française. Comme ce sujet chaud et brûlant  est assez vaste, demain, nous parlerons d'un combustible beaucoup moins employé aujourd'hui. Un combustible qui porte l'empreinte de la grande misère ouvrière du XIX siècle.

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