• Vendredi 26 janvier 2018

     

         Journal Ordinaire D'Un Jardinier Ordinaire

           

    Bonjour

    C'est la mousson! C'est ce que l'on peut constater en voyant les photos de notre pauvre et beau pays. Pas une région n'est épargnée. La crue de la Seine est exceptionnelle si on la compare avec celle de 1658 et de 1910. C'est ce que l'on croyait encore en juin 2016, lorsque les eaux se retiraient de la région parisienne. Mais ces crues exceptionnelles sont devenues quotidiennes. Heureusement qu'au lendemain de la crue de 1910, les autorités de l'époque ont fait construire des réservoirs en amont de la région parisienne. Des réservoirs qui ont permis en juin 2016 de préserver la ville de Paris d'un grand désastre. Tout cela confirme les effets néfastes du réchauffement climatique. D'après les spécialistes, les inondations et les tempêtes sont devenues les risques majeurs qui frappent quotidiennement notre pays. Il est bien évident qu’en plus du réchauffement climatique, des erreurs ont été commises. Les autorités ont trop longtemps laissé construire en zones inondables connues. Dans les années 60/70, ces autorités politiques ont été véritablement achetées par des promoteurs assoiffés d'argent et de profits faciles, façon Donald Trump. Des pratiques agricoles néfastes à l'environnement ont été mises en place, au nom de l'efficacité et de la modernité. Au lendemain de la catastrophe de Vaison La Romaine en 1992, des agriculteurs ont réhabilité des pratiques et des techniques plus adaptées au travail des sols. Là aussi un phénomène climatique exceptionnel qui intervient sur un domaine dont on a bafoué les précautions les plus élémentaires en matière de gestion des sols. Issu pour moitié d'une famille d'agriculteurs et d'exploitants agricoles, j'ai habité durant quelques années dans des fermes, où j'ai souvent entendu les nombreux débats dans les années 50, entre les différentes générations d'agriculteurs qui composaient notre famille. Ne comprenant absolument rien à ces discussions, ma mémoire de «Ch'Tio Normand» me permet de mieux comprendre, aujourd'hui, les responsabilités des uns et des autres. Dans ces années là, que l'on qualifiait encore d'années d'après guerre, un choix douloureux s'offrait aux exploitants agricoles. Il allait falloir remplacer la plus noble conquête de l'homme par un tracteur agricole au sein même de l'exploitation familiale. De plus les autorités politiques de l'époque ont encouragé et même subventionné les exploitants qui arrachaient les nombreux pommiers qui étaient plantés dans le bocage Breton, Vendéen et Normand, afin de lutter contre l'alcoolisme. Les exploitants agricoles ne se contentèrent pas d'abattre les pommiers, mais commencèrent à arracher les nombreuses haies qui composaient ce bocage destiné surtout à l'élevage de bovins, afin de remembrer les parcelles en vue de créer des plaines céréalières mieux adaptées aux nouvelles techniques. Pas besoin d'être paysan pour comprendre le bien-fondé de ces nouvelles dispositions, mais cela s'est trop souvent réalisé sans discernement. Résultat un biotope désarmé face à des agressions climatiques exceptionnelles qui deviennent souvent quotidiennes. Aujourd'hui, on replante des haies en bordure de certaines parcelles céréalières, on réforme des techniques de labourage mal adaptées à la stabilité des sols. N'oublions jamais que notre environnement est un système vivant très complexe, dont il faut choyer et entretenir avec grand soin tous les tenants et les aboutissants. Continuer de l'ignorer nous projette invariablement vers un avenir de larmes et de colères.

      Les carnets de Jules Hostouley 

       
     

     

     

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